samedi 16 septembre 2017

Un poème de Patricia LARANCO (Moris/France).



A l’ultime orée de l’Europe
ces mots-donjons, dangers

livrés comme équarris
dans l’ombre d’une hésitation-vacuole
de tous temps, où ils se complaisent
Ces mots torsadés et béants
dénaturés dès l’embouchure
ces mots d’Ailleurici - dilemme indemne - gemmes
aux exploits funambules

que leur voulez-vous, à ces mots
planétairement sans recours ?

L’enfant d’immigrés bégayait
c’était l’élaboration de son souvenir,
sa façon de récupérer
une mémoire…mots meurtrissures…et meurtrières !
meurtre hier
pour demain-c’est quoi.

L’ange monochrome regarde
l’écoulement des schistes
autres vents minéraux
les fenêtres halo vert
ouvert, confus chaos
se laissent – par éclairs
embobiner d’éclat
leur pointe obscure
les raffermit,
les retient tout juste de plonger dans le vidhuile
le soleil y pourtourt pourfend
mais non sans une sorte de retenue à peine
inaugurale

Le Grand Béant s’accoude, profitant de l’aubaine, ou de son faux semblant
avec ses bombements dérobés et son côté offert trompeur-

volupté de duvet-pétale qui exige ses propres cimaises





Extrait du manuscrit inédit Etat second, 1996.





































Texte et photographie : Patricia Laranco.

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